Le hamster et les écureuils
Une petite fable écrite avec un ami un dimanche soir autour d'une bière...
Le hamster et les écureuils (Fable contemporaine)
Un hamster solitaire
Décida sans mystère
De faire ami-ami avec des écureuils
Qui, du fond des grands bois, auraient frappé son œil.
Ils furent quatre-vingts à lui faire la fête
Mais lui savait fort bien mener tant de conquêtes
Tant et si bien qu’il en sortit plus que ravi,
Les bajoues bien remplies.
Morale provisoire :
Goûtez, si m’en croyez, n’attendez à demain,
Cueillez les glands, amis, jusqu’au petit matin.
Ce nectar recélé peu à peu s’échappait
De sa bouche entrouverte en filandreux filets.
La précieuse semence aux vertueux secrets
Poissait son poil luisant de la queue au collet.
« Si cet auguste jus rend mon poil éclatant,
Je m’en retourne au bois grignoter d’autres glands. »
Un écureuil galant, plus hautain que les autres,
Sur une souche assis disait des patenôtres.
Messire aux blanches dents l’aborda en ces termes :
« Noble panache roux, je ne veux mettre un terme
A vos pieux élans mais vous offre un avis :
Si vous voulez monter jusques au Paradis,
Après vous laissez-moi m’agiter sans façon
Afin que vous goûtiez la rière-Apollon. »
Le hamster besogna vaillamment l’écureuil,
Lequel se crut déjà parvenu au cercueil.
Il couinait sans répit sous la riante Lune
Qui souriait, ravie de leur bonne fortune.
Quand, à force d’assauts, il parvint à l’extase,
Il dit dans un soupir cette mystique phrase :
« On peut charnellement se laisser emporter,
L’important est pourtant de se bien faire aimer. »
Morale finale :
Et si quatre-vingts glands s’offrent à vos élans,
Espérez donc qu’un seul ne craque sous vos dents.
Patate & Marathus